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Titres et traductions, elle est belle la France !

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Je passe rapidement sur le fait que nos traducteurs de roman font un boulot monstre et que le succès de certains auteurs étrangers a tout à voir avec le travail des traducteurs français. Bravo à vous, je vous aime pour votre efficacité et votre rapidité ! On ne se rend pas compte de la difficulté. Les émotions et le caractère des personnages, les timings à respecter, les casse-têtes à résoudre (par exemple pour les jeux de mots)… Respect éternel à vous tous !

Cependant, face à eux  il y a souvent les maisons d’édition qui ont pour mission de faire vendre le livre. Et c’est là que le traducteur perd de son pouvoir : Le titre !

Parce qu’il faut un titre accrocheur, parce qu’il faut attirer le public et lui mettre des images précises dans la tête dès la lecture de celui-ci, les choix éditoriaux sont parfois maladroits, voire douteux, et parfois même à la limite du spoil. Lorsque vous lisez un auteur non-francophone, le titre original figure généralement dans les premières pages et vous donne une bonne idée de ce qu’il voulait transmettre à la base. Si vous comparez avec le choix français… Vous pouvez noter une légère transformation. En cherchant à influencer l’acheteur, les éditeurs s’évertuent à nous balancer des mots qui tapent : diable, mal, ténèbre, sombre, mort, ombre… qui ne sont pas sans nous rappeler les titres de Séries Z ou les films d’horreur à petits budgets.

Quelques exemples bien sentis à travers mes lectures (entre parenthèse ma traduction littérale) :

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- Dark rivers of the heart (Les rivières noirs du coeur) devenu La porte rouge.

- Blue moon (La lune bleue) transformé en La cache du diable.

- The house that Jack built (La maison construite par Jack) mystérieusement métamorphosé en Walhalla

- Family Portrait (Portrait de famille) astucieusement renommé Le portrait du mal.

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Achetez-le. Lisez-le aussi…

Dans son livre La Dramaturgie – l’art du récit, Yves Lavandier évoque des exemples de films dont le traduction vient parfois gâcher l’intrigue (page 118 – Le Suspense).

- Miracle en Albama qui indique qu’un miracle à lieu alors que le titre original est The miracle worker (la faiseuse de miracle)

- C’est pire pour Fort Apache traduit en français par Le massacre de Fort Apache. Ok donc il y a un massacre…

- Dans une moindre mesure La mégère apprivoisée qui, dans sa version originale, devrait donner L’apprivoisement de la mégère (The  taming of the shrew) « insiste sur l’opération sans annoncer le résultat » explique Lavandier.

TragHDEt la génération 80 a connu les pires déboires traductifs avec l’émergence des mangas et l’incompréhension totale de leur scénario conduisant les doubleurs français à dire n’importe quoi et à improviser quasiment sur le moment.

La précipitation, le contrôle des auteurs, des maladresses ou des visionx commerciales peu adaptées et, n’ayons pas peur des mots, une part de bêtise… si la traduction est un métier à part entière, ce n’est pas pour rien. D’autant plus que le résultat final conduit à une vision biaisée, si ce n’est des lecteurs (et encore…), en tout cas des « intellectuels » de l’art littéraire qui ne voient dans ce genre qu’un divertissement et n’y accordent que peu de crédit créatif et donc peu de reconnaissance et d’intérêt.

Les grands prix littéraires médiatisés en France ne sont-ils pas que pour les livres « intelligents » ?

La traduction, c’est un métier :

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